lundi 22 juillet 2013

MANIFESTE DADA

Les cubistes veulent couvrir DADA de neige : ça vous étonne mais c'est ainsi, ils veulent vider la neige de leur pipe pour recouvrir DADA.

Tu en es sûr ?

Parfaitement, les faits sont révélés par des bouches grotesques.
Ils pensent que DADA peut les empêcher de pratiquer ce commerce odieux :
Vendre de l'art très cher.

L'art vaut plus cher que le saucisson, plus cher que les femmes, plus cher que tout.
L'art est visible comme Dieu ! (voir Saint-Sulpice).
L'art est un produit parmaceutique pour imbéciles.
Les tables tournent grâce à l'esprit ; les tableaux et autres œuvres d'art sont comme les tables coffres-forts, l'esprit est dedans et devient de plus en plus génial suivant les prix de salles de ventes
Comédie, comédie, comédie, comédie, comédie, mes chers amis.

Les marchands n'aiment pas la peinture, ils connaissent le mystère de l'esprit...........
Achetez les reproductions des autographes.
Ne soyez donc pas snobs, vous ne serez pas moins intelligents parce que le voisin possèdera une chose semblable à la vôtre.
Plus de chiures de mouches sur les murs.
Il y en aura tout de même, c'est évident, mais un peu moins.

DADA bien certainement va être de plus en plus détesté, son coupe-file lui permettant de couper les processions en chantant « Viens Poupoule », quel sacrilège !!!

Le cubisme représente la disette des idées.
Ils ont cubé les tableaux des primitifs, et les sculptures nègres, cubé les violons, cubé les guitares, cubé les journaux illustrés, cubé la merde et les profils de jeunes filles, maintenant il faut cuber l'argent !!!

DADA, lui, ne veut rien, rien, rien, il fait quelque chose pour qu le public dise : « nous ne comprenons rien, rien, rien ».

« Les Dadaïstes ne sont rien, rien, rien, bien certainement ils n'arriveront à rien, rien, rien ».

Francis PICABIA qui ne sait rien, rien, rien.

Francis PICABIA, Manifeste DADA
Salon des Indépendants février 1920


RAOUL HAUSMANN-DADA SIEGT (1920) Collage

RENE MAGRITTE 1898-1967

René Magritte est un peintre belge du mouvement surréaliste (1898 - 1967). Sa jeunesse est marquée par de multiples déménagements, l'instabilité financière due aux mauvaises affaires de son père et la mort dramatique de sa mère en 1912 qui se suicide par noyade dans la Sambre. Il s'installe en 1914 à Bruxelles pour suivre les cours de l'Académie des Beaux-Arts. A l'Académie, le jeune peintre rencontre Victor Servranckx et Pierre-Louis Flouquet qu'il suit dans l'aventure constructiviste du groupe 7 Arts, période durant laquelle il effectue ses premiers travaux décoratifs, publicitaires et ses toiles cubistes (voir notamment " Autoportrait " de 1923 et les oeuvres pré-1926 comme " Le modèle " ou " L'écuyère "). En 1923, le poète Marcel Lecomte lui montre une photographie du Chant d'Amour (1914) de Giorgio de Chirico. C'est le choc et le début de sa grande période surréaliste avec, en 1926, la réalisation de " Le Jockey perdu ". Il s'installe ensuite en banlieue parisienne où il fréquente André Breton, Paul Eluard et le groupe surréaliste parisien avec lequel il participe au dernier numéro de La Révolution surréaliste avec un texte majeur : Les Mots et les images. De retour à Bruxelles en 1931, tout en étant devenu le chef de file du mouvement surréaliste en Belgique, Magritte ouvre un atelier de création publicitaire. Pendant la guerre, il revient brièvement à l’impressionnisme (voir notamment " La cinquième saison " et " Le premier jour " de 1943), pour retrouver ensuite le surréalisme. Après la guerre, Breton sera très critique par rapport à cette période définie par Magritte comme étant le "surréalisme en plein soleil". En 1953, il obtient de Gustave Nellens la commande d'une décoration murale destinée à la Salle du Lustre du Casino de Knokke pour lequel il réalise " Le Domaine enchanté " où se retrouve tout l'univers du peintre. L'année suivante, il peint l'une de ses toiles les plus connues, " L'Empire des lumières " (dont il existe plusieurs versions). Jusqu'à la fin de sa vie, Magritte cherchera à innover grâce à de nouvelles techniques, comme au travers de bronzes inspirés de son oeuvre qui seront coulés après sa mort. En 1973, Michel Foucault lui consacre son célèbre essai Ceci n'est pas une pipe, qui emprunte son titre au célèbre tableau de 1929 " La trahison des images ". 
RENE MAGRITTE 1920-PAYSAGE
 

RENE MAGRITTE 1920-PORTRAIT DE PIERRE BOURGEOIS
 
Pierre Bourgeois (1898-1976) était un poète belge qui a fait découvrir à Magritte les avant-gardes picturales. Selon ses propres termes, la poésie constituait pour Pierre Bourgeois « le tout » de sa vie : il a publié environ 800 poèmes, et des centaines de pages demeurent encore inédites à ce jour (dont un journal de 35 tomes).
 

RENE MAGRITTE 1920-TETE
 

RENE MAGRITTE- 1919 ca NU CIRCA

CLOVIS TROUILLE (1889-1975)

Camille Clovis Trouille, né le 24 octobre 1889, à La Fère (Aisne), et mort le 24 septembre 1975, à Neuilly-sur-Marne (Seine-Saint-Denis), est un peintre français.



Camille Clovis Trouille, né le 24 octobre 1889, à La Fère (Aisne), et mort le 24 septembre 1975, à Neuilly-sur-Marne (Seine-Saint-Denis), est un peintre français.

Clovis Trouille entre à l'école des beaux-arts d'Amiens en 1905.

Après sept ans sous les drapeaux, dont quatre ans de guerre, il travaille pendant trente-cinq ans comme maquilleur-retoucheur chez un fabricant de mannequins. Il peint pendant ses loisirs des toiles où les thèmes de l'anticléricalisme, de l'humour macabre et de l'antimilitarisme reviennent fréquemment. Traumatisé par la Première Guerre mondiale, il se définit comme anarchiste.

Sa peinture, qui exalte la couleur et l'érotisme, et pourfend « le sabre et le goupillon », est proche de celle des surréalistes, ce qui le fait remarquer en 1930 par André Breton. En décembre 1931, une de ses œuvres, Remembrance, est reproduite dans le n° 3 de la revue Le surréalisme au service de la révolution. Clovis Trouille s'éloigne ensuite de ce courant en revendiquant ses influences de la Renaissance. Son œuvre emprunte aussi à la culture de masse, notamment à la bande dessinée et au kitsch.

Clovis Trouille est peu connu car il ne recherchait pas la gloire, et ne voulait pas vendre ses toiles. Lorsqu'il consentait à s'en séparer, il souhaitait parfois les récupérer afin d'y ajouter des détails : un personnage, des objets, ou simplement un grain de beauté.


« [Clovis Trouille] ne voulait rien vendre. Je lui ai proposé de faire un livre sur lui. Nous sommes devenus amis et il m’a cédé une toile représentant des bonnes sœurs s’embrassant. Un peu plus tard, il m’appelle et me demande de lui rapporter la toile… J’étais un peu inquiet pensant qu’il cherchait à la récupérer. Il m’a simplement dit qu’il voulait la garder quelques jours et quand il me l’a restituée, il avait ajouté quelque chose : la bonne sœur dans le trou, captivée par la scène du baiser entre deux nonnes. Un an plus tard, il me demande de revenir encore une fois avec le tableau. Et encore une fois il le garde pendant plusieurs jours. Quand il me le rend, il a ajouté deux petits livres de messe tombés sur le sol. Une troisième fois, Clovis Trouille me fait savoir qu’il voudrait encore ajouter un petit détail à son œuvre « inachevée ». Cette fois, il garde la toile assez longtemps et quand il me la rend, je n’ai pas tout de suite remarqué ce « petit détail » : un grain de beauté sur la cuisse dénudée de la bonne sœur. »

Beaux Arts magazine, no 278, 08/2007

« Il est vrai que je n'ai jamais travaillé en vue d'obtenir un grand prix à une biennale de Venise quelconque, mais bien plutôt pour mériter dix ans de prison et c'est ce qui me paraît le plus intéressant » (cité par le musée de Picardie)

« J'ai toujours été contre l'imposture des religions. Est-ce en peignant la cathédrale d'Amiens que j'ai pris conscience de tout ce music-hall ? » in Clovis Trouille, Raymond Charmet et Clovis Trouille, éd. Filipacchi, 1972
 
 
 
CLOVIS TROUILLE-LES FUNERAILLES DE CLOVIS TROUILLE



 
CLOVIS TROUILLE-LE CONFESSIONNAL


 
 








 

ALFRED COURMES (1898-1993)

Alfred Courmes est un peintre français né à Bormes-les-Mimosas en 1898 et mort à Paris en 1993.

Surnommé L'Ange du mauvais goût par ses détracteurs, il détourne souvent dans ses tableaux des thèmes mythologiques (Sphinge, Minotaure, Œdipe) ou chrétienne (Saint Sébastien, Saint Antoine, le Christ en croix) à des fins humoristiques ou à consonances sexuelles, parfois nettement homoérotiques. Il n'est pas rare que des objets modernes (bicyclettes, haltères) ou des vêtements contemporains (bas de soie, shorts, habits de marins) soient associés à des univers de l'Antiquité ou du Moyen Âge. Il emprunte également à l'imagerie des publicités de son temps (fillette et logo des Chocolats Menier, Bibendum de Michelin, paquets de lessive, étiquettes de Camembert) et à la photographie des journaux à sensations (meurtres sanglants, criminels, détachements de militaires) pour susciter des anachronismes cocasses ou blasphématoires.

A la libération, Alfred Courmes participe aux salons d’Automne et des Indépendants; en 1946 à l’exposition Surréaliste de Lille avec René Magritte et son ami Clovis Trouille.
 
 
 
 
                    ALFRED COURMES-L'ETRANGLEUR (A LA CASQUETTE ROSE) 1925



                                          Alfred Courmes-Portrait de Nicole Wagner, 1926

MAX ERNST-HISTOIRE NATURELLE 1926





















 
 
RENE CREVEL
La Nouvelle Revue Française, n° 169
(octobre 1926)

HISTOIRE NATURELLE
par Max Ernst (Editions J. Bucher)

"Fontaines pétrifiantes, livres de leçons de choses, pour protéger les rêves de l’enfance, en plein ciel, s’ouvre l’éventail des fougères, demain bouquet minéral s’il tombe dans certaine source, à Montferrand. Jusqu’à la consommation des siècles, un petit rameau de rien du tout demeurera imprimé à même les cœurs des pierres, qui, malgré tant de lieux communs sur leur soi-disant dureté, n’ont point refusé en d’autres ères de se laisser marquer d’une quasi-transparence végétale. Muets et sans geste devant le mystère des trois règnes, pour se donner, tout de même, l’illusion d’agir sur les éléments, des hommes mesurent les apparences. Longue théorie des arpenteurs, géomètres, géographes, et vous tous qui croyez la terre, l’air, l’éther destinés à être coupés en tranches comme ce melon dont Bernardin de Saint-Pierre pensait que l’extérieur était ainsi côtelé, pour qu’il fût mangé en famille, les petites combinaisons logiques, les sondes, les jalons, votre naïf anthropocentrisme seraient autant de choses touchantes si des idoles telles que le système métrique n’avaient depuis longtemps décidé les uns et les autres à des jugements, à une confiance inadmissibles.

Mais que le Mont-Blanc, grâce au prestige de ses 4 810 mètres, continue à dominer l’Europe, n’empêche que le rideau du sommeil tombé sur l’ennui du vieux monde, soudain s’est relevé pour des surprises d’astres et de plantes, et s’effondrent les murs entre lesquels on avait voulu enchaîner les vents de l’esprit. Les araignées lasses de manger les mouches se sont repues de nos montagnes habituelles, et nous connaissons le règne des choses disproportionnées. Justice enfin soit rendue aux insectes. Ce que nous appelions bien fièrement « notre éducation » est à faire de fond en comble et Max Ernst a raison, qui, sous le simple titre Histoire naturelle, nous présente réunies en trente-quatre planches les terribles merveilles d’un univers dont notre semelle n’essaiera plus d’écraser les petits secrets, désormais plus grands que nous.

Que les bûcherons comme par le passé coupent les arbres, les étoiles dans les troncs des chênes dont les ébénistes avaient coutume de faire le centre de leurs guéridons, échappent à la confiance des ouvriers, et des petites tables tournent autour de la terre. Métempsychoses et non plus métaphores. Les ersatz d’images, les calembours sentimentaux, les attitudes, les phrases où tous cherchaient leur vengeance contre d’inévitables dégoûts, tout le truquage se disloque. Et qui oserait parler d’art ? Sur la corde raide qu’ils tentèrent de nous faire prendre pour une ligne d’horizon le vertige a saisi nos plus savants contorsionnistes, et les voilà qui chantent les Larmes de Pierrot et s’apitoient bêtement sur la tristesse du sort humain. Que nous importent ces Paillasses lorsque déjà se lèvent de hautains fantômes que ne tentèrent ni le romantisme du geste, ni les draperies, ni les effets de costume. Nous les suivrons jusqu’à cette altitude où Max Ernst nous apprend qu’au-dessus des nuages marche la minuit. Au-dessus de la minuit plane l’oiseau invisible du jour. Un peu plus haut que l’oiseau, l’éther pousse, les murs et les toits flottent.

Fontaines gemmifiantes, astrifiantes, quel secret a-t-il découvert dans vos eaux ? Des colombes, il fait des diamants et des regards, un système de monnaie solaire. Or, tandis que les oiseaux s’allument en plein ciel, la terre tremble, la mer invente ses chansons nouvelles, le cheval du rêve galope sur les nuages, la flore et la faune se métamorphosent. Et nous regardons, vengés enfin des minutes lentes, des cœurs tièdes, des mains raisonnables. Tel miracle, mais dans une ville où tout s’était pétrifié sous une lave glauque, déjà nous avait été offert par Chirico. Univers imprévu, quels océans jusqu’à vos bords ont mené ces navigateurs du silence ? J’entends encore ce cri de Paul Éluard : Visage perceur de murailles. Max Ernst a pu voir et nous faire voir ce qui se passait dans l’écurie du sphinx. Et il ne s’agit plus de quelque vieux mythe. Histoire naturelle, vous dis-je. Ailes de paupières, nos yeux volent, et le vent en l’honneur duquel Max Ernst bâtit ses forêts, pour quelle résurrection emporte-t-il nos mains, ces fleurs sans joie ?"



L'Histoire naturelle de Max Ernst, portfolio publié en 1926, réunit plus de trente reproductions de frottages réalisés en appliquant sur différentes surfaces une feuille de papier passée ensuite à la mine de plomb. Compris comme l'équivalent graphique de l'écriture automatique, le frottage constitue l'une des contributions les plus originales de l'artiste à l'histoire du surréalisme. En s'inspirant d'une grande variété de supports, Max Ernst fait surgir de la feuille un monde fasntastique qui condense toute l'inquiétante étrangeté de l'univers surréaliste.

RENE CHAR


RENE CHAR - J'HABITE UNE DOULEUR

« Ne laisse pas le soin de gouverner ton coeur à ces tendresses parentes de l’automne auquel elles empruntent sa placide allure et son affable agonie. L’oeil est précoce à se plisser. La souffrance connaît peu de mots. Préfère te coucher sans fardeau: tu rêveras du lendemain et ton lit te sera léger. Tu rêveras que ta maison n’a plus de vitres. Tu es impatient de t’...unir au vent, au vent qui parcourt une année en une nuit. D’autres chanteront l’incorporation mélodieuse, les chairs qui ne personnifient plus que la sorcellerie du sablier. Tu condamneras la gratitude qui se répète. Plus tard, on t’identifiera à quelque géant désagrégé, seigneur de l’impossible. Pourtant. Tu n’as fait qu’augmenter le poids de ta nuit. Tu es retourné à la pêche aux murailles, à la canicule sans été. Tu es furieux contre ton amour au centre d’une entente qui s’affole. Songe à la maison parfaite que tu ne verras jamais monter. A quand la récolte de l’abîme? Mais tu as crevé les yeux du lion. Tu crois voir passer la beauté au-dessus des lavandes noires… »

René Char - J’habite une douleur - in Le poème pulvérisé (1945-1947)


Assiette de Françoise Bazantay

Qu'y a-t-il de mieux dans la vie ?

 - Ecraser ses ennemis. Les voir mourir devant soi. Et entendre les lamentations de leurs femmes.
(Conan le Barbare).

Par Crom, allez jeter un œil sur le blog de cette très talentueuse peintre sur porcelaine...

http://francoisebazantay.over-blog.fr/


JEAN ARP





 JEAN ARP

... CUIS MOI UN TONNERRE

Arrose-moi la lune.
Brosse-moi les dents de mes échelles.
Transporte-moi dans ta valise de chair sur mon toit d'os.
Cuis-moi un tonnerre.
Enferme-moi les tremblements de terre dans une cage
et cueille-moi un bouquet d'éclairs.
Coupe-toi en deux et mange une de ces moitiés.
Ejacule-toi en l'air plus fier que les jets d'eaux de Versailles
Brûle-toi roule toi en boule.
Sois une boule au rire archaïque
qui roule autour d'une pilule.
Tire toutes tes langues aux roses.
Donne tes langues aux doux rhinocé-roses.
Rata-toi en ratatouille.
Grenouille-toi en grenouille.
Appose-toi en signature sous ma lettre.

"Le voilier dans la forêt"

ILLUSTRATION : JEAN ARP-CONFIGURATION (NOMBRIL CHEMISE ET TETE) 1927 28


LE PROVERBE DU JOUR


1.Avant le déluge, désarmez les cerveaux.

Paul ELUARD, 152 proverbes mis au goût du jour en collaboration avec Benjamin Péret, 1925.

ILLUSTRATION :JACQUES PREVERT-LES CERVEAUX ND

Collage de Benjamin Peret