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samedi 31 août 2013

WILFREDO LAM (1902-1982) VI

 
 
 
WILFREDO LAM-1937 La Guerra civil



Alors que Lam et ses amis fêtent, en février 1936, la victoire du Frente popular et sa vague de réformes sociales, l’inspiration du peintre poursuit sa crise. Mais la peinture devient pour lui secondaire quand advient le soulèvement militaire antirépublicain du 18 juillet. C’est le début de la guerre civile. En trois jours, un tiers du pays est conquis par les partisans de Franco, mais Madrid et Barcelone résistent.
Tandis qu’il apprend l’assassinat de Lorca à Grenade ou la révocation de Neruda, d’autres arrivent pour soutenir les républicains, comme Carl Einstein qui rejoint la colonne Durutti, ou Pablo de La Torriente Brau, le correspondant de guerre cubain qui va trouver la mort en décembre.
Lam et ses amis s’engagent dans la lutte. À l’instar de Mario Carreño, il réalise des affiches à la gloire des républicains commandées par le ministère de la propagande. Puis, il participe à la défense de la ville assiégée à partir de novembre. Mais il faut avant tout fabriquer des munitions. Son ami chimiste Faustino Cordón l’engage dans une usine d’armement et lui confie un poste où le peintre assemble des bombes anti-chars.

Après six mois de travail intensif, Lam est intoxiqué par les produits qu’il a manipulés. En mars 1937, il doit être envoyé en convalescence au sanatorium de Caldes de Montbui, au nord de Barcelone. Sur le chemin de la Catalogne, il fait une étape à Valence où il rencontre Pérez Rubio et Joseph Renan. Ce dernier, directeur des Beaux-Arts, lui commande un tableau sur la guerre afin de l’envoyer au pavillon espagnol de l’Exposition internationale de Paris. Une commande qu’il réalisera trop tard pour être exposée : La Guerra civil. Il passe par Barcelone en mai au moment où les anarchistes du POUM sont sacrifiés par les représentants du PC.



dimanche 18 août 2013

POSITION POLITIQUE DU SURREALISME 1935 (ANDRE BRETON)





"Transformer le monde" , a dit Marx ; "changer la vie " , a dit Rimbaud : ces deux mots d'ordre pour nous n'en font qu'un.



 


dimanche 11 août 2013

ROBERTO MATTA (1911-2002)

 
 
 
André Breton en compagnie de Roberto Matta et Malitte Matta 1966
 
 
Les brouilles ne durent pas éternellement...
"    
En 1948, un de ses amis, Arshile Gorky, peintre surréaliste arménien établi à New York, gravement malade, se suicide. Matta fut accusé d'avoir eu une relation amoureuse avec son épouse, ce qui n'a jamais été prouvé et que Matta a toujours nié.
André Breton, très mal renseigné, croit Roberto Matta responsable de ce suicide et Matta est exclu du groupe des surréalistes.
Pour Matta c'était très triste : se trouver dans une ville qu'il n'aimait pas particulièrement, et voir que ses amis changeaient de trottoir lorsqu'ils l'apercevaient, devait être très difficile à vivre. Celui qui devait également souffrit beaucoup de cette situation, c'était André Breton : il adorait son ami Roberto qui avait illustré son livre Arcane 17 et qui venait du même pays que sa troisième femme, Elisa Bindhoff Claro rencontrée à New York. La complicité des deux hommes était très forte.

 Mais en fait Matta n'était pas homme à rester dans un mouvement. Cela se ressent dans son œuvre qui est difficile à ranger dans une catégorie précise. Matta n'a jamais cessé d'évoluer, de changer. Après avoir peint l'inconscient, il s'est attaché à montrer ce qui se passait en dehors de l'être, dans l'univers au contraire des surréalistes qui s'attachaient davantage à la notion de métaphysique de l'individu. Longtemps, il a peint pour dénoncer ( "Les roses sont belles" sur le procès Rosenberg  en 1951 / "La Question, Djamila" pour la militante algérienne torturée en 1958 /  "Les Puissances du désordre" en hommage à Julian Grimau en 1964 / "Burn, Baby, Burn" en 1965 66 inspiré par les bombardements américains sur le Vietnam).

En 1959, il est réintégré au groupe des surréalistes.




 
ROBERTO MATTA- vers 1932 33  Sick Flesh  (PHOTO NOIR ET BLANC)
 
 

 
ROBERTO MATTA-1934 LE CLOWN
 
 

 
ROBERTO MATTA-1935 SANS TITRE
 
 

 
ROBERTO MATTA-1936 LA FORET
 
 

 
ROBERTO MATTA-1936 panama
 
 

 
ROBERTO MATTA-1936 Wet Sheets
 
 
 

mercredi 7 août 2013

FRIDA KAHLO (1907-1954) III

 
Frida Kahlo-1927  (étude au crayon)



 
Frida Kahlo-1927 Adelita, Pancho Villa et Frida
 
 
Après l'accident de bus qui faillit lui être fatal, Frida commence à s'impliquer dans la politique et à redécouvrir sa mexicanité.
 
Elle se peint au milieu du tableau avec un portrait du chef révolutionnaire Poncho Villa. A sa droite un convoi de révolutionnaires zapatistes qui traversent en train la vallée de Mexico accompagnés de leurs femmes soldats les "Adelitas" (par allusion à la chanson célèbre "La adelita") sur fond de Popocatepelt, à sa gauche une structure architecturale moderne abstraite...
 
Le sujet de ce tableau à été influencé par l"estridentismo" un récent mouvement mexicain dont l'objectif était de développer la conscience sociale et favoriser la rébellion contre le système
Ce mouvement d'abord littéraire à vite touché la peinture. Le tableau représente une réunion du mouvement dans un café.
La composition de l'esquisse au crayon est plus dense ce qui pourrait signifier que le tableau est resté inachevé (homme sans visage)
 

samedi 3 août 2013

JE NE VOIS PAS...JEAN CAUPENNE ET GEORGES SADOUL

 
« Nous tenons à vous dire, et c’est pourquoi nous vous écrivons malgré le peu de loisirs que nous laisse la paresse, que nous crachons sur les trois couleurs : bleu, blanc et rouge du drapeau que vous défendez. Nous attendons avec une vive impatience le prochain soulèvement des hommes que vous prétendez commander et qui, demain, avec notre concours, mettront au soleil les sales tripes de tous les officiers de l’armée française et celles des petits binoclards casoardeux de votre espèce (…) ».

« Il est du moins indispensable que vous remettiez, sitôt cette lettre reçue, au général directeur de l’école de Saint-Cyr (Seine et Oise), votre démission d’élève de cette école avec l’exposé des motifs de cette décision, en y joignant une copie de la présente missive. Sinon, nous continuerons à vous considérer comme le premier et le dernier des tristes Cyrs dont vous n’aurez pas que l’air (Keller) !! Et, comme tel, nous vous fesserons publiquement sur la place Saint-Cyr ! »
 
 
 
Voici la lettre reçue un beau matin de 1930 par le premier de promotion de l’École militaire de Saint-Cyr, la recrue Keller.
Les auteurs n'en sont autres que Jean Caupenne et Georges Sadoul.
Les deux auteurs se retrouvent inculpés de « violences sous condition ».
Sadoul est viré de la NRF et afin d'éviter la prison ferme par pour Moscou avec Aragon et Elsa Triolet.
Le second luron, Jean Caupenne n'est pas passé à la postérité, si peu que je n'ai pas réussi à trouver de photo de lui. Il fut pourtant un des "mauvais sujets" du Surréalisme et le fer de lance de nombreuses revues  (La Révolution surréaliste, Le Surréalisme au service de la Révolution).
 
Nous publierons plus tard sa charge anticléricale de 1929 intitulée :
 "Comment accommoder le prêtre"
 
 
Georges Sadoul en 1913
 
 
Georges Sadoul est un écrivain français, historien du cinéma, né le 4 février 1904 à Nancy (Meurthe-et-Moselle), mort le 13 octobre 1967 à­ Paris. Il est notamment l'auteur d'une importante Histoire générale du cinéma.
Proche des surréalistes, il devient communiste en 1927.

JE NE VOIS PAS...MAXIME ALEXANDRE

 
MAXIME ALEXANDRE PAR MAN RAY ca 1922
 
 
"Le long du fleuve, les passeurs vantent Les plaisirs de l'eau".
 
"Je suis né dans un village
Qui ne plaît qu'à moi
En réalité je suis né dans la maison d'un village situé entre
Un certain ciel et un certain champ de fleurs".
 
 
Maxime Moïse Alexandre, né le 24 janvier 1899 à Wolfisheim et mort à Strasbourg le 12 septembre 1976, est un poète et auteur dramatique alsacien et témoin du surréalisme des premières années.
 
Sa famille appartient à la bourgeoisie juive d'Alsace. Sa langue maternelle est évidemment l'allemand. Mais, durant la Première guerre mondiale, ses parents se réfugient en Suisse et il apprend le français à l'Université de Lausanne. II entre en contact avec les dadaïstes et les pacifistes à Zurich et à Berne et fait la connaissance de Jean Arp et de René Schickelé qui restera un de ses meilleurs amis. Rentré en Alsace en 1919, le temps d'obtenir une licence de lettres à la Faculté de Strasbourg et le voilà à Paris avec Louis Aragon (1923). Séduit par le communisme, plus par amour envers les pauvres que par conviction politique, il collabore à "L'Humanité". II adhère ensuite au mouvement surréaliste d'André Breton et Paul Valéry le nomme d'ailleurs le "Virgile du surréalisme". Ce surréalisme qu'il qualifie dans son Journal de "belle plate-forme juchée au sommet de l'édifice, face à la nuit éternelle". Ce surréalisme qu'il abandonnera bientôt, sans jamais le renier, comme il ne reniera jamais le judaïsme après s'être converti au catholicisme en 1949, son parrain étant Paul Claudel dont il apprécie "le côté farceur et frondeur".
 
Professeur à Saint-Dié dans les années 60, il revient à Strasbourg en 1974 mais, malade depuis quelque temps et éprouvant de plus en plus de difficulté à écrire, il se met au dessin. Ce sera sa dernière passion. II meurt en effet le 12 septembre 1976 et repose au cimetière de Rosheim.
 
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"Après quarante ans d'intense activité littéraire, riche d'une inspiration qui ne s'est jamais éteinte, Maxime Alexandre a laissé, en plus de Cassandre de Bourgogne et du Juif errant, douze recueils de poèmes, plusieurs essais dont un consacré à Hölderlin et de très nombreux manuscrits inédits."

"L'Histoire de la littérature en Alsace", Eros Vicari





"Il blaguait en alsacien et adorait Lewis Carrol. Il plaçait la vie et la pêche au-dessus de la poésie. Le brochet, ça c'était important pour lui"

"Dernières Nouvelles d'Alsace" du 29 octobre 1996

mercredi 31 juillet 2013

LE BORDEL CAPITALISTE.....CITROEN


Citroën
À la porte des maisons closes
C’est une petite lueur qui luit…
Mais sur Paris endormi, une grande lumière s’étale :
Une grande lumière grimpe sur la tour,
Une lumière toute crue.
C’est la lanterne du bordel capitaliste,
Avec le nom du tôlier qui brille dans la nuit.
Citroën ! Citroën !
C’est le nom d’un petit homme,
Un petit homme avec des chiffres dans la tête,
Un petit homme avec un sale regard derrière son lorgnon,
Un petit homme qui ne connaît qu’une seule chanson,
Toujours la même.
Bénéfices nets…
Millions… Millions…
Une chanson avec des chiffres qui tournent en rond,
500 voitures, 600 voitures par jour.
Trottinettes, caravanes, expéditions, auto-chenilles, camions…
Bénéfices nets…
Millions… Millions…Citron… Citron
Et le voilà qui se promène à Deauville,
Le voilà à Cannes qui sort du Casino
Le voilà à Nice qui fait le beau
Sur la promenade des Anglais avec un petit veston clair,
Beau temps aujourd’hui ! le voilà qui se promène qui prend l’air.
Il prend l’air des ouvriers, il leur prend l’air, le temps, la vie
Et quand il y en a un qui crache ses poumons dans l’atelier,
Ses poumons abîmés par le sable et les acides, il lui refuse
Une bouteille de lait. Qu’est-ce que ça peut bien lui foutre,
Une bouteille de lait ?
Il n’est pas laitier… Il est Citroën.
Il a son nom sur la tour, il a des colonels sous ses ordres.
Des colonels gratte-papier, garde-chiourme, espions.
Des journalistes mangent dans sa main.
Le préfet de police rampe sous son paillasson.
Citron ?… Citron ?… Millions… Millions…
Et si le chiffre d’affaires vient à baisser, pour que malgré tout
Les bénéfices ne diminuent pas, il suffit d’augmenter la cadence et de
Baisser les salaires des ouvriers
Baisser les salaires
Mais ceux qu’on a trop longtemps tondus en caniches,
Ceux-là gardent encore une mâchoire de loup
Pour mordre, pour se défendre, pour attaquer,
Pour faire la grève…
La grève…
Vive la grève !


JACQUES PREVERT





 
 




lundi 29 juillet 2013

APPEL A LA LUTTE DATE DU 10 FEVRIER 1934 APRES LES EMEUTES DU 6 FEVRIER ORGANISEES PAR LES LIGUES D'EXTREME DROITE SUITE AU LIMOGEAGE DU PREFET CHIAPPE.

 
 
Happé par le siècle, le surréalisme s'est constamment situé au cœur des événements. Mais sa position ne pouvait se satisfaire de l'appareil des partis, y compris de celui du Parti communiste, dont il a voulu un temps se sentir proche. C'est qu'aux impératifs de la Révolution sociale, les surréalistes ont toujours subordonné l'urgence majeure qui devait être la libération des modes de pensée : «"Transformer le monde" a dit Marx ; "changer la vie" a dit Rimbaud : ces deux mots d'ordre pour nous n'en font qu'un », affirme Breton (Position politique du surréalisme). Antonin Artaud formulera plus définitivement ces objections à l'égard d'une révolution qui n'aurait que l'économie pour domaine : « Je méprise trop la vie pour penser qu'un changement quel qu'il soit qui se développerait dans le cadre des apparences puisse rien changer à ma déplorable condition. » (A la grande nuit, ou le bluff surréaliste, 1927). Breton confirmera plus tard : « L'étreinte poétique comme l'étreinte de chair / Tant qu'elle dure / Défend toute échappée sur la misère du monde.» (Sur la route de San Romano, 1948).

dimanche 3 mars 2013

SALVADOR DALI-L'ENIGME DE GUILLAUME TELL 1933

SALVADOR DALI-L'ENIGME DE GUILLAUME TELL 1933

1934 L'AFFAIRE DALI...
 
 
Salvador Dalí frôle l'exclusion du groupe surréaliste pour son tableau L'Énigme de Guillaume Tell représentant un Lénine avec une fesse molle, et aussi, pour avoir tenu des propos réactionnaires.
Convoqué, Dali se présente malade, un thermomètre en bouche.

Pendant que Breton dresse le réquisitoire, il commence à se déshabiller afin, dit-il, de faire tomber sa fièvre. Puis il répond à ses accusateurs. Selon lui, sa fascination envers Hitler n’a rien de politique. Simplement, « la mollesse de cette chair hitlérienne comprimée sous la tunique militaire » provoque en lui « un état d’extase gustatif, laiteux, nutritif et wagnérien ». Quant à sa toile représentant Lénine cul nu (L’Enigme de Guillaume Tell), elle lui a été inspirée par un rêve. Or, le rêve n’est-il pas un des moteurs de la créativité surréaliste ? Puis, s’adressant directement au « Pape », connu pour son intolérance envers l’homosexualité : « Si donc ce soir, André Breton, je rêve que je t’encule, demain je nous peindrai dans nos meilleures positions avec le plus grand luxe de détails ».

Enfin, il affirme qu’Hitler est le digne successeur de Sade et Lautréamont, un génial metteur en scène de l’abomination. Excédé, Breton se prononce pour l’exclusion. Torse nu, Dali se jette à ses pieds, promettant sans rire qu’il n’a « rien contre le prolétariat ».

Ce numéro de haute voltige (mais aussi et surtout sa notoriété grandissante, dont le surréalisme a bien besoin) emporte l’adhésion de la majorité des jurés, qui rejettent l’exclusion.