dimanche 11 mai 2014

ROTTERDAM JUSQU'AU 25 MAI : BRANCUSI, ROSSO, MAN RAY



Brancusi, Rosso et Man Ray au Musée Boijmans Van Beuningen

Museumpark 18 - 20
3015CX Rotterdam



 
 
Ces trois artistes n’ont à priori que très peu en commun et pourtant, quand on s’y intéresse, une démarche les lie. Rosso, Brancusi et Man Ray ont été déterminants pour le développement de la sculpture moderne. Avec Auguste Rodin (1840-1917), Medardo Rosso est considéré comme l’artiste qui a introduit le style impressionniste à la sculpture. Brancusi est connu comme le fondateur de la sculpture moderne avec ses formes très abstraites en bronze poli, en marbre et en bois. Man Ray, qui est surtout connu en tant que photographe et peintre, a joué un rôle important dans le mouvement Dada et le surréalisme. Tous trois n’ont jamais eu d’autres photographes pour leurs œuvres qu’eux-mêmes. La photographie de l’œuvre devient alors une œuvre elle-même et inversement pour Man Ray. Un point commun qui lie ces trois artistes et crée une fluidité tout au long de la visite.
Bon à savoir:  Pour chaque artiste, une salle a été créée au sein de l’exposition avec un aspect didactique. Une manière pour les jeunes (et les moins jeunes) de créer « à la manière de » leur propre interprétation de ce qu’ils ont vu et compris.
 
 
 
Constantin Brancusi-1910 La Muse endormie
 
 

 
Man Ray-1926 Noire et Blanche
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

vendredi 2 mai 2014

LOS ANGELES : Calder et l'abstraction: De l'Avant-Garde à l'Icone



CALDER ET L'ABSTRACTION

LOS ANGELES COUNTY MUSEUM OF ART (LACMA)
JUSQU'AU 27 JUILLET 2014



 
ALEXANDER CALDER-1941 Mobile (Arc of Petals)
 
 
L'un des artistes les plus importants du XXe siècle, Alexander Calder a révolutionné la sculpture moderne. Calder and Abstraction: From Avant-Garde to Iconic, avec la collaboration importante de la Fondation Calder, explore la traduction radicale de l'artiste du vocabulaire surréaliste français en langue vernaculaire américaine.
 
Ses œuvres les plus emblématiques, les mobiles terme inventé par Marcel Duchamp, sont des sculptures cinétiques dans lesquelles des pièces plates de métal peint reliées par des fils se déplacent délicatement dans l'air, propulsées par des moteurs ou des courants d'air. Plus tard ses stabiles sont des structures monumentales, dont les formes massif vont  poursuivre son engagement avec le dynamisme et l'innovation audacieuse.
 
Bien qu'il s'agisse là de sa première exposition muséale à Los Angeles, Calder occupe une place importante dans l'histoire du LACMA puisque le musée a commandé Trois quintaines (Hello Girls) pour son ouverture en 1965.
 
 
 
 
Installation view from LACMA's Alexander Calder  From Avant-Garde to Iconic
 
 
 
 
ALEXANDER CALDER-1964 Three Quintains (Hello Girls)
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

lundi 28 avril 2014

EXPOSITION CARTIER BRESSON AU CENTRE POMPIDOU



12 février 2014 - 9 juin 2014 de 11h00 à 23h00
Galerie 2 - Centre Pompidou, Paris
13€, TR 10€ / 11€, TR 9€ selon période / Forfait donnant accès à toutes les expositions temporaires et aux collections permanentes du musée
 
 
 
HENRI CARTIER-BRESSON 1933 par George Hoyningen-Huene
 
 
« Photographier c’est mettre sur la même ligne de mire la tête, l’oeil et le coeur » disait Henri Cartier-Bresson.

De la fin des années 1920 à l’orée du 21e siècle, le photographe s'est évertué à respecter ce principe de vie et de vue. Depuis que Cartier-Bresson a commencé à exposer et à publier ses images, certains ont tenté de circonscrire ce qui faisait l'unité de ce principe. Son génie de la composition, son intelligence des situations ou sa dextérité à les saisir au bon moment, se sont dès lors le plus souvent trouvés résumés dans la notion d'« instant décisif ».

Dix ans après la disparition du photographe en 2004, maintenant que les milliers de tirages qu'il a laissés à la postérité ont été soigneusement réunis et classés par la fondation qui porte son nom, tandis que ses archives de notes, de lettres et de publications sont désormais accessibles aux chercheurs, il apparaît clairement que l'instant décisif, s'il permet de qualifier certaines de ses images les plus connues, est trop restrictif pour appréhender l'oeuvre dans son ensemble. À rebours d’une vision unificatrice et simplificatrice, la rétrospective du Centre Pompidou se propose de montrer la richesse du parcours du photographe, ses réorientations successives et ses différents moments de développement. Elle a pour ambition de montrer qu’il n’y a pas eu un seul, mais bien plusieurs Cartier-Bresson.

Si les plus grandes icônes du photographe sont évidemment présentées, il s'agissait aussi, afin de bien rendre compte de sa diversité, de prendre en considération des images moins connues, de réévaluer certains reportages et de faire émerger des ensembles de ses peintures, dessins, ou incursions dans le domaine du cinéma. Des tentatives qui en disent aussi beaucoup sur son rapport à l'image et, par défaut, sur ce qu'il cherchait en photographie.

La première partie de l'exposition, retraçant les années 1926 à 1935, est marquée par la fréquentation du groupe surréaliste, les débuts photographiques et les grands voyages à travers l'Europe, le Mexique et les États-Unis.
La deuxième période, qui commence en 1936, au retour des États-Unis et se clôt en 1946 avec un nouveau départ pour New York, est celle de l'engagement politique, du travail pour la presse communiste, de l’activisme antifasciste, du cinéma et de la guerre.
Enfin, le troisième temps commence avec la création de l'agence Magnum en 1947 et se termine au début des années 1970, au moment où Henri Cartier-Bresson arrête le reportage. Du surréalisme à Mai 68, en passant par le conflit espagnol, la Seconde Guerre mondiale, la décolonisation, la guerre froide et les Trente glorieuses, la rétrospective du Centre Pompidou propose, loin des mythes et des raccourcis, une nouvelle lecture de l'oeuvre du plus célèbre des photographes français.

À travers plus de cinq cents photographies, dessins, peintures, films et documents, rassemblant images célèbres et inédites, l'exposition fait l'histoire de cette oeuvre magistrale et, à travers elle, celle du 20e siècle.
 
 
 
 
 
 

LYON : THEATRE/ LA NUIT DE LA DISPERSION



LA NUIT DE LA DISPERSION
Création mondiale sur André BRETON et les surréalistes,
69eme production du THEATRE PARTS CŒUR,
D’après un texte d’Henri Constanciel sur une idée de Gilles Champion.
 
 
ACTE II (www.acte2theatre.fr), 32 bis quai Arloing, 9eme
15, 16, 17 mai 20h, 18 mai 16h
21, 22, 23, 24 mai à 20 h
 
 
 
ANDRE BRETON ET JACQUELINE LAMBA
 
 
5 avril 2003, quelque part dans les caves de l’Hôtel Drouot, André Breton erre parmi sa collection qui va être dispersée aux enchères à partir du lendemain…Il est rejoint par un autre spectre, celui d’un aborigène d’Australie nommé Ixtilutl. Le dialogue entre les deux personnages sert dès lors de fil rouge au récit qui se présente à la manière d'un de ces collages chers aux surréalistes.
Pendant deux heures, le spectateur partage la vie passée d’André Breton, ses rencontres avec celles et ceux qui ont contribué à l’existence du SURREALISME, il découvre le parcours d’un poète intègre qui a "refusé de parvenir" et toujours mis au centre de son combat pour un art authentique, le "Toute licence en art".
Sont évoquées dans le jeu et le visuel des œuvres majeures de la création artistique du 20éme siècle et aussi les combats politiques d’André Breton pour la liberté de création et contre toutes les compromissions.
 
 
CONTACTS COM’:
Gilles Champion 0632171020 gilleslucienchampion@gmail.com
Le metteur en scène
 
 
 

mardi 18 février 2014

REIMS : "Alfred Jarry, du Manuscrit à la Typographie"



Exposition à la BU Robert de Sorbon, du 17 février au 17 mars 214

Bibliothèque universitaire Robert de Sorbon,
Campus Croix Rouge, Avenue François Mauriac – Reims



 
 
 
Triple exposition proposée à l'occasion du colloque des 21-22 février organisé par Julien Schuh  et Henri Béhar (Société des Amis d’Alfred Jarry)
"Sur l'Absolu, Feu à Répétition !"
Une première partie de l'exposition, à l'entrée de la bibliothèque, vous présente, en 13 affiches synthétiques conçues par Patrick Besnier, l'écrivain Alfred Jarry (1873-1907), célèbre inventeur de la ’Pataphysique, et vous fournit des repères-clés sur sa vie et son œuvre.
Exposition prêtée par Patrick Besnier, professeur de littérature à l'Université du Maine et spécialiste de Jarry.

"Passion Jarry"
Une seconde exposition, conçue par Patrick Besnier pour la bibliothèque municipale de Laval, vient compléter cette approche en revenant sur la vie tumultueuse de Jarry et sur son œuvre multiforme, en les replaçant dans le contexte artistique des années 1900.
C'est une exposition-parcours : 20 tableaux thématiques, répartis au sein des espaces de la bibliothèque, vous invitent à marcher dans les pas d'Alfred Jarry, en un parcours qui alterne 10 lieux réels et 10 lieux imaginaires auxquels il a donné consistance dans son œuvre.
Exposition réalisée par la ville de Laval avec le concours de la Direction Régionale des Affaires Culturelles des Pays de la Loire.

"Alfred Jarry, du Manuscrit à la Typographie"
Une troisième exposition, proposée dans l'espace d'exposition de la bibliothèque, s'intéresse plus particulièrement aux aspects typographiques de l'œuvre d'Alfred Jarry, et vient en appui des travaux du colloque. Elle vous présente différents documents d'archives issus des collections de la Bibliothèque universitaire Robert de Sorbon, de la Bibliothèque Carnegie de Reims et de la Médiathèque du Grand Troyes.
Exposition réalisée par l'Université de Reims Champagne-Ardenne, à partir des collections conservées à la Bibliothèque universitaire Robert de Sorbon, à la Bibliothèque Carnegie et à la Médiathèque du Grand Troyes.

lundi 17 février 2014

NAMUR (BELGIQUE) : Exposition Loss of control II



du 26 janvier au 5 mai
du mardi au dimanche, de 10 heures à 18 heures
L'accès au Musée Rops est gratuit tous les premiers dimanches du mois.

Musée provincial Félicien Rops 

Rue Fumal, 12
5000 NAMUR
Tél. : 081 77 67 55
Fax : 081 77 69 25


 
Martha Grünenwaldt, sans titre



Après Pulsion[s]. Hystériques ! [6.01.2013], Loss of Control II continue l’exploration de la folie en art et propose une plongée aux confins de l’inconscient et de la création artistique, depuis les surréalistes jusqu’à l’art brut.

En 1928, Breton publie Nadja, un récit autobiographique dans lequel il narre sa rencontre avec une femme qui sera internée en hôpital psychiatrique. La même année, La Révolution surréaliste célèbre le cinquantenaire de l’hystérie, qu’Aragon et Breton voient comme une « vertu poétique ». Pour les surréalistes, la perte de contrôle mentale ou corporelle interroge le lien entre délires et productions artistiques. Leurs œuvres questionnent les limites de l’inconscient, de la folie, de la transgression.

Dès 1945, Jean Dubuffet s’intéresse aux travaux d’artistes malades mentaux, ouvrant la voie à une autre conception de la création de personnes internées, médiums, autodidactes. L’art brut célèbre des œuvres hors normes et permet la découverte d’une nouvelle catégorie de personnes soucieuses de la quête d’un « moi » profond et spontané.

La perte de contrôle à travers l’acte créatif permet-elle une transgression des normes de la société ou du monde artistique ? Ponctué par des œuvres contemporaines, le parcours de Loss of control II mêle sans distinction artistes « in » et « outsiders », donnant une lecture bouleversante de l’obsession, de l’identité et de l’existence. Loss of control II fait la part belle à la représentation féminine : le corps de la femme est le lieu de la perte de contrôle pour les surréalistes (corps transformés, transfigurés, morcelés, déguisés). Les artistes outsider représentent eux aussi l’amour et le désir, là où l’on se perd...

Deuxième volet d’un projet organisé en 2009 au MARTa Herford Museum sous la direction de Jan Hoet, cette exposition se focalise sur le lien entre l’existence et l’art à travers des œuvres qui échappent aux carcans sociétaux et culturels de leur époque.

ARTISTES EXPOSES :

Aloïse Corbaz / Rachel Baes / Enrico Baj / Hans Bellmer / Denise Bellon / André Breton / Else Blankenhorn / Agnès De Waele / Jean Dubuffet / Paul Eluard / Magde Gill / Martha Grünenwaldt / Jean-Marie Heyligen / Stefan Klojer / Yayoi Kusama / Lucien Lorelle / Dora Maar / René Magritte / Lucie Maquet / Man Ray / Marcel Mariën / Pierre Molinier / Nadja / Michel Nedjar / Lisa Niederreiter / Laure Pigeon / Joseph Schneller / Armand Simon / Barbara Suckfüll / Jeanne Trippier / Raoul Ubac / Jessica Warboys / Unica Zürn

lundi 30 décembre 2013

TODD SCHORR (NE EN 1954)

 
 
Né le 9 janvier 1954 à New York et grandi dans le New Jersey, Todd Schorr dessine de façon compulsive dès son plus jeune âge : il a à peine cinq ans quand ses parents l’inscrivent dans un atelier d'expression artistique. Après des études au Philadelphia College of Art, il s’installe à New York en 1976, où il participe à des projets très divers : pochettes d'albums pour AC/DC, affiches de films pour George Lucas et Francis Ford Coppola, ou encore couvertures pour le magazine Time. En 1985, lassé de devoir restreindre sa créativité au profit des impératifs commerciaux, il s’emploie à faire passer son travail des halls des agences de publicité aux murs des galeries d'art. Stimulé par le succès de sa première exposition solo à la galerie Tamara Bane, Todd Schorr rompt tous ses liens avec l'illustration en 1992, pour se consacrer à plein temps à la peinture. Installé depuis 1998 à Los Angeles avec sa femme Kathy Staico, il jouit désormais d'une clientèle fidèle d'amateurs et de collectionneurs à travers le globe.
 
 
 
Pionnier du mouvement Pop Surréaliste à l’imagination foisonnante, Todd Schorr restitue les dessins-animés, comic-books et récits de science-fiction de son enfance dans des toiles fascinantes, à l’exécution digne des grands maîtres d’antan. Propos recueillis par Damien Grimbert
 
Pouvez-vous me dire quelques mots de votre background culturel ? Je suis né à New York en 1954, mais j’ai grandi à Oakland dans le New Jersey, dans un environnement typique de la classe moyenne suburbaine américaine. Mes parents m’ont toujours encouragé dans mes diverses activités, tant qu’elles ne devenaient pas obsessionnelles, ce qui finissait toujours par être le cas. Même si nous habitions en banlieue résidentielle, il y avait plein de forêts, de cours d’eau et d’étangs à explorer. Les vacances en famille étaient consacrées au camping dans différents parcs régionaux le long de la Côte Est, et se transformaient toujours en grandes aventures avec des ours qui saccageaient notre campement, ou des coups de foudre qui mettaient le feu aux arbres.

Quels étaient vos univers fictionnels préférés quand vous étiez enfant ?
Très jeune, ceux de Lewis Carroll et du Dr Seuss, et un peu plus tard, ceux d’Edgar Rice Burroughs, Robert E. Howard et H.P. Lovecraft.
Ayant grandi après la guerre, dans l’Amérique des années 50, j’ai aussi  fait partie de la première génération d’enfants lourdement influencée par la télévision. Du coup, tous les premiers dessins animés, les cow-boys, les monstres, la science-fiction, et les spectacles de marionnettes de cette période ont eu un énorme influence sur mon vocabulaire visuel.
J’ai ensuite découvert le magazine Mad et ma perception visuelle du monde a changé à jamais. La plupart des références à la Pop culture dans mon travail viennent de ces souvenirs d’enfance. Enfin, en termes d’artistes individuels, Salvador Dali a eu un impact immense sur moi très tôt dans la vie. Quand j’avais onze ans, en 1965, mes parents nous ont emmenés ma sœur et moi à une rétrospective de Dali, dans une galerie d’art moderne new-yorkaise. Pour la première fois, j’ai pris conscience du type de magie et de puissance qu’un être humain à l’imagination débridée pouvait réussir à créer.

Quel rôle a joué le mouvement psychédélique dans votre travail ?
La période psychédélique des années 60 a eu une grande importance pour moi. Déjà, tu avais tous ces artistes incroyables venus de San Francisco qui faisaient des posters, comme Rick Griffin, Victor Moscoso, Stanley Mouse et Alton Kelley. Ils combinaient dans leurs travaux un ensemble d’images très éclectiques, issues pour la plupart des débuts de la Pop Culture américaine. Juste après les posters rock, sont arrivés les artistes de Zap, qui ont littéralement explosé les limites de tout ce qu’il était possible de faire dans le format bande dessinée. Robert Crumb et Robert Williams avaient une influence importante à l’époque, et continuent d’être de riches sources d’inspiration. Il faut bien comprendre que depuis le début, le monde des beaux-arts, du haut de sa tour d’ivoire, regardait les styles cartoon et comic book avec condescendance. Le fait qu’un mouvement artistique comme le Lowbrow ou le Pop Surréalisme, dont les fondations mêmes reposent sur le style cartoon, ait pu aller aussi loin constitue vraiment une performance remarquable. L’œuvre des premiers surréalistes était dans une certaine mesure imprégnée de style cartoon, et les artistes du Pop Art l’employaient de façon ironique, mais avec l'avènement des artistes qui réalisaient les posters psychédéliques, les origines cartoon étaient claires, et complètement assumées. Ça a été une étape décisive dans l’acceptation de la peinture influencée par le cartoon telle qu’elle existe aujourd’hui.

Vous êtes l’un des premiers artistes à avoir associé cet univers « cartoon » à des techniques classiques de peinture figurative. Quel a été le déclic ?
En 1970, j’ai eu l’opportunité de voyager en Europe pendant l’été, et c’est au cours de ce voyage qu’a eu lieu la première étincelle. J’étais au lycée à l’époque, et je réalisais des œuvres fortement influencées par les premiers dessins animés de Walt Disney et de Max Fleischer pendant les années 1930. En parallèle, je prenais des leçons auprès d’un type qui restaurait des peintures anciennes. Il m’a fait découvrir le travail des Grands Maîtres, et du coup, lorsque je suis parti pour l’Europe, j’ai mis un point d’honneur à visiter autant de grands musées européens que possible, pour pouvoir examiner moi-même tous ces grands tableaux. Alors que je me promenais dans les couloirs de la Galerie des Offices à Florence, j’ai commencé à me demander si je ne pourrais pas apprendre les techniques de peinture de ces Grands Maîtres, et les appliquer à mes sujets de prédilection, inspirés par les dessins animés. Cette idée allait mettre près de vingt ans avant d’arriver à maturité.

Combien de temps passez-vous en moyenne sur une œuvre ?
Cela dépend vraiment de la taille et de la complexité de la composition. Par exemple, le tableau A Pirates Treasure Dream, une œuvre d’environ 1m80 sur 2m10, extrêmement dense visuellement, m’a demandé environ neuf mois de travail. Et je parle juste du temps passé concrètement à peindre. Il faut compter au moins un mois pour la préparation, les dessins, les éventuelles études de couleur… avant que je commence à peindre. Le tableau sur lequel j’ai passé le plus de temps est sans doute Ape Worship, une grande pièce sur laquelle j’ai passé un peu plus d’un an avant d’en venir à bout.

Comment définiriez-vous les principaux thèmes autour desquels votre travail s’articule ?
En prenant de l’âge, je suis de plus en plus fasciné de voir à quel point notre société est à la fois moderne et primitive. Nous sommes dans une société qui a fait d’innombrables avancées scientifiques et technologiques remarquables, mais qui en même temps peut replonger dans la barbarie la plus profonde au nom des superstitions religieuses. Tout en essayant de me tenir à distance du rôle de donneur de leçons, j’ai tenté d’aborder certains de ces sujets, tout particulièrement dans plusieurs de mes dernières oeuvres

Pour terminer, comment la vision que vous portez sur votre travail évolue t-elle avec les années ?
La technique picturale fait vraiment partie de ces activités dans lesquelles plus tu pratiques, plus tu deviens bon. Donc techniquement parlant, j’ai l’impression que, avec les années, mon travail est de plus en plus accompli. Cela dit, il y a une chose qui est plus importante qu’affûter ta technique, c’est l’idée derrière le tableau. Toutes mes peintures sont basées sur un concept, et j’ai l’impression que si mon travail a évolué en termes de technique, j’ai consacré encore plus de temps et d’énergie à développer dans mes peintures des concepts qui soient plus forts, plus focalisés, et je l’espère, plus puissants que mes précédentes tentatives dans ce domaine. C’est bien entendu l’ambition de tout artiste digne de ce nom que de développer constamment son art, et de se mettre au défi d’atteindre un niveau d’accomplissement toujours plus haut. Je m’identifie tout à fait à Salvador Dali lorsqu’il déclarait vouloir être capable de peindre avec l’expertise d’un Meissonier, mais d’utiliser comme thèmes tout ce que la science et la société modernes avaient à offrir.
 
PETIT-BULLETIN.FR 27 JANVIER 2012
 
 
 
 
TODD SCHORR-THE MONKEY'S UNCLE 2005
 
 
 
 

samedi 28 décembre 2013

ETRE SURREALISTE...

 
 
 
René Magritte, par Lothar Wolleh
 
 
« Être surréaliste, c’est bannir de l’esprit le “déjà vu” et rechercher le pas encore vu. »
 
 
 

En 1946, l’académicien Edmond Jaloux donne des nouvelles de la surréalité




Maurice Martin du Gard a tracé de lui dans ses Mémorables le portrait suivant : « Edmond Jaloux est un Monsieur avec une canne de lapis-lazuli paisible, un bourgeois, l’air d’un médecin, plutôt suisse que de Marseille où il est né, de Provençaux. Dans l’abord, une sorte d’enjouement sceptique et aristocratique que lui ajouta une société de femmes sensibles et titrées, délicieuses, où il pénétra d’emblée, par un concours heureux, en arrivant sur le tard à Paris. »


 
 
 
SOURCE : LE TEMPS samedi 28 décembre 2013 (http://www.letemps.ch)
 
 

 
A l’occasion d’une exposition du Centre Pompidou consacrée au rapport du surréalisme aux objets, nous sommes allés voir ce que la «Gazette de Lausanne» pensait du surréalisme au sortir de la Seconde Guerre mondiale, en 1946.
 
 
«A mesure que l’on s’efforce de retrouver une Europe sous les décombres accumulés par la guerre, on revoit peu à peu reparaître diverses structures sociales, monumentales ou intellectuelles que l’on croyait à jamais détruites. Peut-on dire que le surréalisme constitue une structure? Oui, comme tout système poétique. Mais pareille expression aurait bien choqué les promoteurs de ce mouvement, s’ils avaient pensé qu’on pût le qualifier ainsi, vingt-deux ans après ses premières manifestations.
On se souvient de la fameuse dépêche, expédiée par Paul Alexis à Jules Huret, quand celui-ci fit, vers 1895, cette grande enquête sur la littérature qui eut un tel succès qu’elle n’est pas encore oubliée: «Naturalisme pas mort; lettre suit.» De même, André Breton, dans un discours aux étudiants français de Yale, qui a l’air d’un mandement, affirmait récemment la durée du surréalisme: «N’en déplaise à quelques impatients fossoyeurs, leur disait-il, je prétends en savoir plus long qu’eux sur ce qui pourrait signifier au surréalisme son heure dernière: ce serait la naissance d’un mouvement plus émancipateur. Un tel mouvement, de par la force dynamique même que nous continuons à placer au-dessus de tout, mes meilleurs amis et moi nous tiendrions à honneur, du reste, de nous y rallier aussitôt. Il faut croire que le nouveau mouvement n’a pas été, n’est pas encore…»
Je vois que cette phrase est ambiguë; car l’émancipation n’est point la particularité du surréalisme et un mouvement émancipateur et dynamique pourrait bien renvoyer celui-ci au rang des vieilles lunes de la poésie: cela arrivera fatalement un jour ou l’autre, mais je crois cependant avec André Breton que ce jour n’est pas venu: je dirai même que le surréalisme est loin d’avoir donné tout ce qu’il promettait; il ne le donnera peut-être que dans dix ou vingt ans – ou qui sait? Jamais.
Ce qui a manqué le plus aux surréalistes, c’est l’esprit critique. Ils ont toujours agi d’après le mode passionnel. Je ne dis pas qu’ils soient privés du désir de critiquer; loin de là; mais ils admettent ou repoussent les mêmes gens ou les mêmes idées, alternativement, d’après des lois qui relèvent en général de la pure impulsion. Pour nous qui ne sommes pas dans le jeu, nous ne pouvons mettre sur le même plan des créateurs ou des poètes de la plus grande originalité; qui ont inventé véritablement un style nouveau et de nouveaux rapports entre les hommes et lui-même et l’homme et ce qui l’entoure – et des gâcheurs systématiques, qui ont réduit la forme lyrique à un émiettement puéril de vocables dans la négation absolue de toute syntaxe et de toute visibilité. Le surréalisme authentique traîne derrière lui cette lourde hypothèque du vieil esprit «dada», plus démodé déjà que les pires cygnes du symbolisme et les nacelles submergées du romantisme déclinant. »




jeudi 26 décembre 2013

PORTUGAL ; ARTE AGORA – CLUBE EVOCA ALCOCHETE / Exposição de Carlos Saramago 25 de Janeiro 18 H



 Rua António Maria Cardoso, 1 e 3
2890-092 Alcochete


Téléphone+351 918 627 195
Adresse électronique
   evoca.portugal @gmail.com
 

 
 Exposição de Carlos Saramago 25 de Janeiro 18 H Curadoria de António Cardoso Memórias de uma viagem sem taxímetro Exposiçã...o de pintura do artista Carlos Saramago que, pela transfiguração das formas e das cores, transporta o surrealismo para a sua dimensão abjeccionista, recusando padrões estéticos estabelecidos e subvertendo a noção de belo. Carlos Saramago é “um homem que saiu de casa com toda a violência do amor”, “que saiu violenta e violentamente para o campo”, como já dizia Herberto Helder, começando e recomeçando uma eterna viagem onde pode, como já sonhava António Maria Lisboa, “continuar aos saltos até ultrapassar a lua” e, talvez, chegar aquele local inominável, onde “beber-se por um copo de oiro e sonharem-se índias” é apenas um acto de loucura normal. Carlos Saramago nasceu em Abrantes e estudou no atelier do pintor italiano Giorgio Rotilio, em Ascona na Suiça. Cedo se rendeu ao surrealismo, expondo intensivamente nas principais localidades de Portugal, como Lisboa, Porto, Guimarães, Abrantes, Nazaré, Oeiras, Leiria, Ponte de Lima, Viana do Castelo, etc... Em Povoa de Varzim, expos com a curadoria de artes de Kim Molinero. Expos ainda em Ascona, Suiça; Legnano, Itália; S. Tiago de Compostela, Sevilha e Tenerife, Espanha; e um pouco por todo o mundo. Em Fevereiro de 2013 recebeu do Senado Acadêmico da FEBACIA – Federação Brasileira dos Acadêmicos de Ciências, Letras e Artes de S. Paulo, o Título Honorífico de Acadêmico Correspondente, por serviços de excelência em Arte. Estando representado na Exposição Internacional de Artes & Letras da FEBACIA. (António Cardoso, Alcochete - 16/12/2013)
 
 
 
 
CARLOS SARAMAGO-Explosão de Amor